Actuel – 16.03.2017, 19:36

Lettres anonymes: expliquer la source sans la dévoiler

Une lettre anonyme ne peut être publiée que si la source en a été soigneusement vérifiée, selon la prise de position n°3/2017 du Conseil suisse de la presse dans une affaire tessinoise. 

Les faits

En février 2016, un article ayant la teneur d’une lettre anonyme est publié sur le portail en ligne «ticinonews.ch». Cette lettre avait été envoyée à la rédaction par un groupe d’employés de la RSI dans une période de licenciements décidés par la Radiotelevisione Svizzera (RSI). Les collaborateurs anonymes y demandaient le départ du directeur de la RSI, Maurizio Canetta.

La section tessinoise de l’organisation des journalistes suisses Impressum a porté plainte auprès du Conseil suisse de la presse au sujet de la publication de la lettre anonyme. Motif de la plainte? Une violation du ch. 3 de la «Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste». Cette disposition demande que les journalistes ne publient que des informations et des documents dont ils connaissent l’origine.

Le verdict

Selon le Conseil suisse de la presse, il faut que la paternité du texte soit présentée avec juste assez de détails pour que l’anonymat reste garanti, tout en permettant aux lecteurs de juger de l’authenticité et de la signification d’une telle lettre.

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Dans le cas présent, le Conseil de la presse a estimé «qu’il n’était pas possible de répondre de manière concluante à la question de savoir si la rédaction de «ticinonews.ch» connaissait les auteurs de la lettre». Il a cependant jugé que «la prise de position lapidaire selon laquelle la source avait été vérifiée comme il est d’usage de le faire est trop courte».

Voici les directives émises par le Conseil de la presse lorsqu’une rédaction décide de publier une lettre anonyme :

  • après examen minutieux de la source, elle doit indiquer dans l’article que les noms des auteurs sont connus d’elle.
  • elle doit également évoquer les caractéristiques importantes sans dépasser la limite qui permettrait d’identifier les auteurs. Car si les lecteurs ne savent pas qui et combien d’auteurs se cachent derrière une lettre anonyme, ils ne peuvent apprécier ni son authenticité ni sa signification.

Le Conseil de la presse a donc accepté la plainte.

Sylvain Bolt

Sylvain Bolt

Journaliste Web pour Edito.ch/fr. Diplômé de l'Académie du journalisme et des médias de l'Université de Neuchâtel.

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