Portraits du paysage – 05.10.2016

Des tourments à faire sauter les barrières

La presse romande connaît des semaines mouvementées, on l’aura maintenant bien compris. Et avec elles, s’est annoncée le retour des débats sur l’avenir de la presse, et la quête vers de nouveaux modèles économiques a repris. Les justifications fusent, mais ne remplacent pas pour autant les annonces de licenciements.

«Et en Suisse allemande, c’est pareil?» La question a émergé lors d’une discussion entre confrères. Eh bien oui. Si les éléments semblent se déchaîner sur notre région, un rapide détour de l’autre côté de la Sarine montre que l’orage se propage en toutes régions.

Le rapprochement des minorités linguistiques ne semble pas du goût de Vigousse...

Le rapprochement des minorités linguistiques ne semble pas du goût de Vigousse…

Une rapide recherche sur internet me conduit d’abord chez AZ Medien. Le propriétaire de la Schweiz am Sonntag, de Aargauer Zeitung et d’autres titres phares dans le paysage alémanique a annoncé le 13 septembre dernier des mesures «d’assurance du résultat». 26 postes sont touchés. Six postes seront supprimés, alors que les autres consisteront en des départs non-remplacés ainsi que des réductions volontaires de temps de travail, apprenait-on dans un communiqué.

Chez le groupe NZZ, rien de très glorieux non plus. Le titre annonçait fin août une prolongation des expériences de volontariat qu’il offre au sein de sa rédaction. Alors que les rédactrices et rédacteurs en herbe pouvaient intégrer l’équipe durant trois mois auparavant, ils seront désormais immergés une année durant. Et auront par ailleurs la chance de ne plus découvrir une seule rubrique, mais de collaborer pour l’ensemble des sections. En termes de précarité de l’emploi, on a vu mieux!

Sans être piquée par la curiosité, je pense que je n’aurais jamais eu vent de ce qui se trame dans le reste du pays. Concernant la vitalité du monde médiatique, mais au même titre que ce qu’il s’y passe de manière générale, au fond.

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Le premier réflexe face à cette situation est celui de l’union. Se réunir pour faire face ensemble. Mais le fameux Röstigraben est là et après quelques minutes de réflexion, il semble plus haut, plus épais que jamais. Comment collaborer concrètement à la production de contenus, au quotidien, rapidement ?

Il n’empêche, la piste d’un rapprochement, et pas d’une fusion, laisse songeur. Elle est à creuser. On constate d’ailleurs une telle volonté déjà à la SSR, où de plus en plus de contenus sont co-produits entre les unités d’entreprises, traduits puis diffusés dans les différentes régions linguistiques. La tendance devrait se renforcer. Peut-être sur d’autres supports y parviendra-t-on aussi un jour. Et l’on creusera alors des tranchées sous la muraille.

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