Le conseiller federal Ueli Maurer au réveil à la chartreuse de La Lance, près d’Yverdon, lors de la course d’école du Conseil fédéral en 2021.

Labo photo – 25.10.2021

« Je crains le détournement de nos images »

Laurent Gilliéron nous offre un aperçu de son travail.

Propos recueillis par Jean-Luc Wenger
Photos: Keystone/Laurent Gilliéron

Le conseiller federal Alain Berset parle lors d’une visite d’une salle de cours pratique de la Haute Ecole Arc Sante pendant sa visite au canton de Neuchâtel pendant la 2eme vague de la pandemie de Coronavirus (Covid-19) 2020.

Des enfants deposent leur bulletin de vote dans une urne afin de choisir le drapeau officiel du Village Educalis. Trois creches lausannoises Educalis lancent un projet de citoyennete qui voit les enfants devenir acteur du vivre ensemble en creant leur propre societe civile.

Un armailli avec un masque facial observe des cors des Alpes lors de la 41eme edition de la desalpe de Charmey dans le canton de Fribourg.

Crocodiles en devenir à l’Aquatis de Lausanne, 2020.

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Des personnes se reconfortent en observant une carcasse de voiture ensevelie sous les gravas pres un violent orage. Ce mardi soir 22 juin 2021, de violentes intemperies ont provoque la crue du Ruhault et d’importants degats dans le village de Cressier et de Frochaux.

Le fils d’un couple de personne agee residente d’un Etablissement Medico-Social, EMS, effectue une visite au parloir lors de la pandemie de Coronavirus (Covid-19) ce mercredi 13 mai 2020 a l’exterieur du home du Foyer de la Cote a Corcelles, canton de Neuchâtel.

EDITO : Pourquoi aimez-vous la photo de presse ? Le travail pour une agence ?

Laurent Gilliéron : Le photojournalisme me permet de pouvoir résumer un événement et de le retranscrire ­d’une manière informative et esthétique. Ceci grâce à mon regard, encadré par une éthique professionnelle, mais aussi une technique et du matériel dernier cri.

Le travail d’agence m’apporte une grande autonomie. Il est varié et il n’est pas rare qu’en une journée, je passe d’un sujet politique à une conférence de presse, pour finir avec un match de foot. Cela fait de moi un photographe tout-terrain qui doit fournir des images rapidement et de la plus haute qualité possible. Un challenge au quotidien.

Vous rentrez des Jeux olympiques de Tokyo. Avez-vous des souvenirs marquants ?

Ils auront été imprégné par la pandémie (et mes 21 tests PCR en 21 jours…). La quarantaine « contrôlée » ne m’a ­malheureusement pas permis de rencontrer la population. Le manque d’émotions, d’encouragements et d’échanges entre les athlètes et leurs fans m’a aussi manqué.

Que recherchez-vous lorsque vous prenez une photo ?

Je cherche à résumer l’action afin que les personnes qui n’ont pas la chance de le vivre puissent malgré tout ressentir ce qui se passe. Je cherche à apporter de l’esthétique, mais surtout de l’information au travers de mes images. Une photo réussie regroupe ces deux critères dans un seul cliché.

Avez-vous parfois peur de véhiculer une image fausse ?

Non, les professionnels de l’image sont formés et effectuent leur travail avec éthique et n’ont pas à avoir peur de cela. Ce que je crains plus, c’est le détournement de nos images. Cela m’est arrivé dernièrement avec une image d’Alain Berset alors qu’il visitait une salle de travail pratique d’une école d’infirmières et qui a été détournée par les com­plotistes du monde entier en expliquant que notre conseiller fédéral visitait un hôpital rempli de faux patients covid…

Deuxième crainte, le détournement du contexte de mes images par nos propres clients. Par exemple, l’illustration d’un article sur le procès d’un employé d’une crèche auteur d’actes pédophiles illustré par une image d’archive d’une crèche qui n’a rien à voir et de plus avec un employé reconnaissable sur l’image. Malheureusement, chaque semaine des cas similaires se produisent.

Une image a-t-elle le pouvoir de faire changer le monde ?

Oui, clairement. Une image (ou une série) peut changer le monde. La preuve avec les récentes photos provenant de Kaboul qui montrent la détresse des personnes à l’aéroport ainsi que celles qui s’accrochent à l’avion américain et dont seulement quelques-une réussiront à fuir le pays.

L’image de 2015 du corps sans vie d’Aylan, réfugié syrien, échoué sur une plage a suscité une vague d’émotion qui a mis au grand jour la crise migratoire. Ces deux exemples montrent clairement qu’il est possible grâce à l’image de faire changer des choses et de faire prendre conscience de drame qui se passe loin de notre horizon.

Laurent Gilliéron (45 ans) est photographe professionnel depuis 1997 et travaille pour l’agence Keystone-ATS depuis 22 ans. Il a couvert des nombreux événements dont six éditions des Jeux olympiques. Il a remporté le Swiss Press Award a plusieurs reprises. laurentgillieron.ch

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