Portraits du paysage – 30.08.2016

La Journée de l’innovation s’interroge sur l’avenir de l’information, pas sur celui des journalistes

La Journée de l’innovation, organisée chaque année par le Réseau de Fathi Derder s’est tenue mardi dernier au Rolex Learning Center de l’EPFL. Avec pour thème : « L’information à l’heure du numérique et du big data ». Un programme très serré, beaucoup d’intervenants et de participants. Et l’annonce du lancement d’une « Swiss Media Initiative » par l’EPFL et la RTS.

Etienne Jornod, président de la NZZ, a raconté le virage numérique du groupe alémanique. Copyright Le Réseau

Etienne Jornod, président de la NZZ, a raconté le virage numérique du groupe alémanique. Copyright Le Réseau

 

Après la présentation de plusieurs exemples de projets développés en sciences de l’information ou humanités digitales, on a cédé la parole aux professionnels des médias.

Etienne Jornod, président romand de la très alémanique NZZ s’est alors avancé sur l’estrade pour raconter son expérience au sein du groupe face à l’arrivée du numérique. Dans un storytelling très maîtrisé, il est revenu sur la claque ramassée par la NZZ lors d’un virage numérique d’abord passablement mal maîtrisé. Le paquebot alémanique a, dans un premier temps, vu ses résultats chuter avant de se rattraper merveilleusement et de flirter désormais avec le haut du tableau d’audiences produit par la REMP.

Son exposé fleurait bon le vécu et l’humain, notamment lorsque Jornod a abordé la difficulté à changer, lorsque la culture d’entreprise et les habitudes se dressent comme une barrière. Par ailleurs, il a réaffirmé la volonté du quotidien alémanique de ne pas tomber dans la diversification, ni de « faire du web pour faire du web ». Une tendance observée depuis son arrivée dans le groupe. A en croire le patron romand, le core business de la NZZ est et a toujours été la valeur rédactionnelle des contenus. Et le public de constater que dans le tableau de la REMP, figure en deuxième place…le site nzz.ch.

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Replacer le journaliste au centre, le valoriser, l’encourager semblent pourtant autant de priorités scandées par le président et reprises par d’autres patrons de médias durant la matinée. « Les journalistes sont notre core business », a-t-on pu entendre. Ou encore: « Ce métier n’a jamais été aussi passionnant qu’aujourd’hui ». Soudainement, on était bien loin des préoccupations technologico-numérico-digitales des représentants de la science et autres start-up.

Reste que si d’autres éditeurs et rédacteurs en chef ont avoué partager le point de vue de Jornod, l’intention est plus difficile à croire en la soumettant à l’épreuve des faits. Ici, une rédaction ne remplace pas les départs à la retraite. Là, on réduit la durée des stages, par mesure d’économie (encore faudra-t-il qu’on m’explique la notion de gestion cachée là-derrière). Un peu plus loin, le cahier des charges d’un journaliste ne cesse de se rallonger. C’est ça, le core business qu’il faut défendre à tout prix?

Avec le web, le métier n’est plus tout à fait le même, vous répondra-t-on. Le défi sera désormais en effet de le redéfinir. Et pour l’instant, cette redéfinition reste plutôt floue. Un peu à l’image de la collaboration entre acteurs publics et privés des médias. Chaque camp a montré beaucoup d’optimisme, de convergence, de désir de marcher ensemble dans la même direction. Mais on a pu voir également encore pas mal de balbutiements. La RTS et l’EPFL collaboreront, ça oui. Mais pourquoi ? quand ? comment ? Il semble difficile de trouver des réponses précises pour l’instant. Les participants à la Journée du Réseau s’y sont essayés sur le ton de la réflexion. L’avenir nous dira s’ils passeront ensuite à l’action.

 

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