Actuel – 23.06.2022

La SSR mise sur un « Diversity Board » et un « Sounding Board »

La SRG SSR souhaite s’engager (en anglais) en faveur de la diversité. Toutefois, il est encore difficile de savoir comment elle s’y prendra pour assurer une représentation adéquate des personnes issues de la migration. D’ici là, des employés de la SRF font de la sensibilisation sur le terrain.

Par Bettina Büsser

La SSR ne reflète pas suffisamment la diversité de la population du pays dans ses programmes alors que les radios locales non commerciales intègrent davantage les minorités, et rendent ainsi cette diversité plus visible et plus audible. » C’est la conclusion à laquelle est parvenu le congrès du Syndicat suisse des mass media (SSM) qui s’est tenu en mai.

L’article 14 de la concession actuelle de la SSR prévoit qu’elle tienne compte « des personnes issues de la migration et transmet des contenus contribuant à leur intégration », de manière « à faire comprendre au reste du public la réalité de la vie de ces personnes ».

Dans ses Objectifs de la stratégie d’entreprise et d’offre 2021-2022, la SSR se donne le but ­suivant: « Tou.te.s les habitant.e.s de la Suisse se sentent concerné.e.s par notre offre, indépendamment de leur genre, de leur âge, de leur origine, de leur religion ou de leur orientation sexuelle, de leurs handicaps éventuels et de leurs choix de vie ». Elle souhaite également être « un employeur at­trayant pour chacun.e, quelle que soit sa réalité, indépendamment de son genre, de son âge, de son origine, de sa religion, de son orientation sexuelle, de ses handicaps éventuels ou de ses choix de vie. » En outre, elle veut « veiller à une diversité optimale dans la composition des équipes ».

Siraya Schäfer, porte-parole de la direction générale SRG SSR, explique que le Diversity Board (« comité pour la diversité » en français), créé en 2019, a élaboré des propositions concrètes qui font désormais partie des buts fixés dans les Objectifs et d’entreprise et d’offre.

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En outre, la SSR a mené en début d’année une enquête na­tionale sur la diversité et l’inclusion auprès de ses collaborateurs. Il faudra cependant attendre un peu avant de savoir ce qu’il en est réellement de la diversité au sein de l’entreprise : selon S. Schäfer, la SSR est toujours en train d’analyser les résultats de l’enquête et ne peut donc pas encore les communiquer au public.

Lorsque EDITO lui demande si l’enquête ­aborde la question des collaborateurs issus de la migration, la porte-­parole de la SSR répond qu’il faudra encore patienter jusqu’à la « communication des résultats » pour le savoir. Même réponse quand on lui demande si le Diversity Board a mis en place d’autres projets concernant collaborateurs issus de la migration : de tels projets existent, mais les « détails ne peuvent toutefois pas encore être communiqués à présent ».

Selon Andrea Di Meo, porte-parole de la SRF, la promotion de la diversité est « un pilier important de la stratégie des ­ressources humaines de la SRF et de la SSR ». La SRF a pris « de nombreuses nouvelles mesures » ces dernières années. Il cite en exemple le réseau-diversité SRF créé en novembre 2021, auquel participent des représentants de tous les départe­ments. « D’une part, il sert d’interface avec le Diversity Board de la SSR, d’autre part, il s’agit d’un organe opérationnel autonome. »

Le groupe de travail « Soundingboard migration et racisme » est actif au sein de la SRF ; il a été fondé à l’initiative des collaborateurs issus de la migration. Il organise des séances d’information, diffuse des contenus qui portent sur la ­migration et propose des conseils aux autres collaborateurs. Un employé de la SRF présente le travail fourni par le groupe de travail comme une forme de « sensibilisation sur le ­terrain ».

« Le groupe de travail œuvre à intégrer encore ­mieux les personnes issues de la migration dans l’offre de programmes et à sensibiliser les collaborateurs sur ce thème, de manière à ce qu’ils ne produisent pas des contenus qui pourraient être perçus comme discriminatoires par le public », explique Andrea Di Meo. Comme le groupe « souhaite se concentrer sur la sensibilisation interne dans un premier temps », ses représentants ne peuvent pas accorder d’entretien à EDITO pour le moment.

Une occasion manquée

Depuis le début de la guerre en Ukraine et du mouvement migratoire qu’elle entraîne, les médias suisses s’efforcent de rassembler des informations importantes pour les réfugiés et pour les familles d’accueil : où les personnes réfugiées doivent-elles s’annoncer ? Quelles démarches faut-il faire pour obtenir de l’aide sociale ? Qui distribue des aliments et quand ces distributions ont-elles lieu ? Où peut-on suivre des cours de français ou d’allemand ? Quelle autorité est responsable de délivrer les autorisations de travail ? Comment inscrire les enfants à l’école ?

Comme le système fédéraliste suisse est décentralisé à l’extrême, il n’existe pas de réponse unique pour chacune de ces questions : elles peuvent varier en fonction du canton, voire des communes. Toutes les informations rassemblées par les médias – c’est là aussi une forme de fédéralisme – peuvent être obtenues auprès de ceux-ci. N’aurait-on pas pu offrir un service extrêmement utile si quelqu’un, par exemple l’association Médias suisses, avait créé une page web avec toutes ces informations, ou du moins avec des liens vers d’autres sites où figurent les renseignements pertinents ? Un seul lien, un seul lieu pour tous ceux qui cherchent des informations : cela aurait véritablement été du service public.

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