Actuel – 30.10.2017

Le journalisme a de l’avenir, selon la COFEM, à condition que…

La Commission fédérale des médias (COFEM) a esquissé trois scénarios possible de ce que pourrait être le paysage suisse des médias et de la communication dans un horizon de 10 à 15 ans. Elle recommande à la branche et au monde politique de «réfléchir le plus tôt possible aux probables changements à venir et de donner plus de résonance à certains éléments clés du changement déjà en cours dans l’utilisation des médias.»

Il y a le premier scénario, positif, qui postule l’évolution réussie des médias d’information. Le second, selon lequel il va y avoir une substitution partielle du journalisme par des plateformes en ligne et des alternatives de type médiatique. Et un dernier scénario pessimiste qui présuppose l’appauvrissement des prestations journalistiques, notamment au niveau social, ce que la COFEM considère dans son communiqué comme «extrêmement problématique tant pour la société que pour la démocratie.»

Appuyant son analyse sur des études empiriques et des travaux existants, la COFEM affirme que «les changements en cours dans les médias ne comportent pas seulement des risques, mais aussi des opportunités pour le public et la démocratie.»

Une «aide directe aux offres de médias essentielles au débat démocratique est plus que jamais nécessaire»

Les «nouveaux fournisseurs d’informations», qui sont selon la COFEM «déjà très appréciés par certaines catégories d’utilisateurs»,  contribuent selon la commission «au recul des médias de masse sur les marchés de l’audience et des annonceurs». Le fait que les «grandes plateformes de communication et de diffusion en ligne, actives à l’échelle mondiale deviennent toujours plus importantes aussi dans la distribution de contenus d’information», pousse la COFEM à conclure que le paysage des médias et de la communication doit être vu à l’avenir comme un «système numérique de médias et de communication». Elle recommande également à la branche des médias «d’affiner son profil journalistique» par rapport notamment aux blogs ou aux publications d’entreprise. Selon la COFEM, la branche devrait «défendre ses prestations journalistiques et ses codes de déontologie plus activement qu’elle ne le fait avec les formes d’autorégulation actuelles».

Ainsi, la Commission fédérale des médias demande «une disposition réglementant les mesures de soutien aux infrastructures journalistiques importantes». Ce sont des instances indépendantes de l’Etat qui seraient chargées de ce soutien car la COFEM estime qu’une «aide directe aux offres de médias essentielles au débat démocratique est plus que jamais nécessaire.»  Enfin, dans son papier de position, la Commission affirme qu’un «Conseil de la communication » devrait être institué, entre autres pour «discuter des règles relatives à la communication individuelle et de groupe à l’ère numérique (plateformes), à la fois sur le plan de l’éthique et sur celui de la responsabilité des utilisateurs». Des utilisateurs dont la position devrait être renforcée dans l’espace numérique, estime-t-elle. La COFEM plaide aussi en faveur de l’institutionnalisation, au niveau fédéral, d’une autorité de réglementation indépendante de l’Etat pour légiférer et réglementer les tâches des prestations dans le domaine des médias et de la communication.

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Sylvain Bolt

Sylvain Bolt

Journaliste Web pour Edito.ch/fr. Diplômé de l'Académie du journalisme et des médias de l'Université de Neuchâtel.

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