Le propre d’un fait, c’est d’être fondé et vérifié – 10.01.2020

Le propre d’un fait, c’est d’être fondé et vérifié

Prise de position du Conseil suisse de la presse du 18 décembre 2019

La recherche de la vérité prévue par la «Déclaration des devoirs et des droits du journaliste» implique que des affirmations présentées comme des faits soient étayées par des sources ou des éléments concordants. C’est l’un des points que le Conseil de la presse (CSP) a rappelé à l’occasion d’une plainte du quotidien vaudois 24 heures contre le magazine EDITO.

Ce dernier a publié en juin 2019 un article sur la couverture de «l’affaire Broulis» par le correspondant vaudois du Tages-Anzeiger et non par 24 heures. L’article d’EDITO affirme en gros que le journal avait été dans le passé très proche du gouvernement au point de manquer d’esprit critique («Le quotidien était presque devenu l’organe du Conseil d’Etat (…) Le contenu rédactionnel importait peu, c’était d’abord une pompe à fric»), ce qui expliquerait qu’à 24 heures, «personne n’avait jugé utile d’enquêter».

L’article d’EDITO insinue aussi que l’ancien rédacteur en chef n’aurait «pas toujours défendu sa rédaction contre les intérêts politiques ou économique». Ces affirmations ne sont corroborées par aucune source. Ils relèvent plutôt du commentaire et devraient être signalés comme tel.

Pour ces raisons notamment, le CSP a conclu à la violation de l’article 1 de la «Déclaration».

De plus, les seules sources mentionnées par l’article sont toutes anonymes. Si le procédé est admis lorsque les sources doivent être protégées pour de bonnes raisons, le CSP estime que dans ce cas il devait être possible d’en trouver hors du cercle étroit de la rédaction qui puissent être identifiées, dans l’intérêt du public.

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Le chiffre 3 de la «Déclaration» sur le traitement des sources a aussi été violé.

Enfin, accuser de complaisance un rédacteur en chef ou une rédaction met en cause gravement leur probité professionnelle et exige que les concernés soient entendus. Cela n’a pas été fait. Conscient de l’erreur après publication, EDITO a immédiatement proposé à l’ancien et à l’actuel rédacteurs en chef de publier leur point de vue, dans des formes largement plus longues que ce qui est normalement exigé. Cette attitude est à saluer.

Reste que l’article 3 a été violé au sens de la directive 3.8 sur l’audition en cas de reproches graves.

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