EditoRialement – 12.12.2017

Liberté et vivre ensemble

La tentation No Billag repose principalement sur deux arguments: je n’ai pas envie de payer la redevance, ou pas autant, et je veux le libre choix de payer ce que je consomme ou pas. Le premier paraît relativement facile à écarter: à un prix bientôt ramené à un franc par jour, qui pourrait proposer une palette aussi large et variée de programmes radio et TV? La publicité ne suffirait pas à financer l’équivalent privé, et des abonnements (notamment pour les retransmissions sportives) coûteraient évidemment plus cher aux spectateurs.

Le deuxième argument est plus insidieux. On se situe à un autre niveau, politique ou philosophique. C’est l’argument libéral classique que le bien commun est mieux servi par la liberté individuelle que par l’Etat et la contrainte. Les initiants ne critiquent pas la SSR, ils sont juste convaincus que le privé peut tout faire, et mieux. Parler du service public comme un vecteur du vivre ensemble dans un petit pays multilingue, ça n’a pas sa place dans ce paysage idéologique.

EDITO n’a pas à prendre position à ce niveau-là. En revanche, pour la défense du journalisme, les raisons ne manquent pas de voter NON le 4 mars. Pour les places de travail qui seront perdues, oui, mais surtout parce que cela supprimerait de beaux espaces d’information, occupés par des émissions qui ont fait leurs preuves, des matinales radio au TJ et aux magazines.

Il ne va certainement pas naître miraculeusement des alternatives privées de qualité et accessibles au grand public. N’en déplaise aux tenants du libéralisme, le marché peine aujourd’hui et au moins pour quelque temps encore à les financer. Ce n’est vraiment pas le moment de jeter ce qu’on a, alors que la presse ne cesse de rétrécir. La démocratie a besoin d’une information fiable sur des médias fédérateurs.

 

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