Actuel – 10.09.2019

«Nous ne sommes pas une association de pessimistes»

Les jeunes n’aspirent plus à devenir journalistes. Pour la NZZ am Sonntag, cela s’explique par le piteux état dans lequel se trouve le secteur des médias. Dans la Weltwoche, Kurt W. Zimmerman se propose de faire le deuil de ce «métier de rêve».

Franca Siegfried, présidente de impressum.ch s’entretient avec Manuela Paganini, présidente de l’association de jeunes journalistes suisse JJS*.

Franca Siegfried : En tant que présidente de votre association, comment ressentez-vous la situation dans laquelle se trouve journalisme actuellement?
Manuela Paganini: mon numéro de portable est disponible sur la page d’accueil de notre association. On me demande souvent conseil par téléphone, notamment des élèves du secondaire qui cherchent une place de stage. La plupart du temps, ce sont des demandes enthousiastes. Nous ne sommes pas une association de pessimistes. Il y a trois ans, nous avions 240 membres, aujourd’hui nous sommes 420. Les évènements que nous organisons attirent aussi beaucoup de monde.

On ne s’apitoie donc pas à la JJS?
L’an passé, les médias se plaignaient qu’il n’y avait presque plus de jeunes lecteurs et lectrices ; cette année, qu’il n’y aurait plus de relève chez les journalistes. De telles déclarations ne font rien avancer. Le secteur des médias est confronté à de grands défis, nul ne le conteste. Mais il y a aussi des opportunités à saisir. Internet nous offre des possibilités de nous préparer au métier. Il y a suffisamment de bons exemples, comme le magazine en ligne Negative White, spécialisé dans la musique et la culture, ou encore Tink – Wo Jounalismus beginnt.

La haute école zurichoise ZHAW offre un cours de journalisme et de relations publiques…
Savoir rédiger des communiqués de presse peut être utile pour un journaliste. Ce qui pose problème, c’est le couplage de la communication et du journalisme, si cela donne l’impression que les jeunes n’ont pas d’avenir dans le journalisme.

Kurt W. Zimmerman voudrait faire le deuil de notre «métier de rêve». A-t-il raison?
Le journalisme ne passait plus pour un métier de rêve il y a dix ans déjà, quand je devais choisir mes études et réfléchir à mon métier à venir. Je me suis rendu compte à quel point la profession était formidable lorsque j’ai commencé à l’exercer. Et je la trouve tout aussi formidable qu’auparavant.

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Tu ne deviendras pas riche en exerçant ce métier…
Je ne me suis jamais posé la question de l’argent.

* Junge Journalisten Schweiz.

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