Actuel – 17.11.2017

Un «nouveau souffle au journalisme» grâce à la mutation numérique des médias ?

Une étude mandatée par Schweizer Medien, la faîtière des éditeurs, prend comme point de départ un scénario qui se situerait dans un avenir entre 10 et 20 ans et dans lequel, suite au tournant numérique, tout le monde consulte uniquement les médias sur les écrans.

L’enquête réalisée par l’institut Polynomics basé à Olten (SO), imagine un scénario où imprimeries et réseaux de distribution ont disparu, faisant baisser de moitié les coûts de production et de distribution. Les barrières à l’entrée sur le marché diminuent et la pression concurrentielle augmente. Elle souligne que le marché s’en retrouverait ainsi revigoré, tout comme la diversité d’opinions en Suisse.

Mais dans le cas d’une grande facilité d’entrée et de sortie du marché, le risque n’est-il pas de voir des opportunistes débarquer, pour y publier des informations fausses mais virales dans le seul but d’augmenter les recettes publicitaires? Le marché et la diversité d’opinions seraient-t-ils ainsi vraiment revigorés?

L’étude estime aussi que les doutes face à l’avenir constituent un terreau pour la créativité et l’innovation. Ces opportunités ne devraient donc pas être bloquées ou freinées par des réglementations, comme ce serait le cas avec une mauvaise loi sur les médias. Au contraire, les auteurs recommandent d’éliminer les obstacles existants pour mieux mettre en place les «business models» du futur, les formes de travail et les sources de financement qui en découlent. Outre les financements grâce aux fondations, aux philanthropes ou via le crowdfunding, le numérique va ouvrir des perspectives de financement direct par le public, sur des plateformes dédiées, selon l’institut Polynomics. Mais sous quelles formes? L’étude ne le précise pas.

L’enquête mandatée par Schweizer Medien évoque encore de nouveaux acteurs  qui émergeront pour constituer, par exemple, des «journaux numériques répondant parfaitement à des demandes très spécifiques de consommateurs». Elle cite les offres récemment annoncées telles que le magazine en ligne Republic ou CNN Money Switzerland, qui «peuvent déjà être interprétées comme un signe avant-coureur de ce développement». Mais que va-t-il advenir des médias généralistes, ceux ne répondant «pas parfaitement à des demandes très spécifiques de consommateurs», n’entrant pas dans la case des médias de niche, tels que les médias généralistes s’adressant à un large public?

L’étude mandatée par Schweizer Medien a été présentée dans le cadre d’une conférence sur l’avenir des médias à Berne, mardi 14 novembre. La SSR et la faîtière des éditeurs Schweizer Medien n’ont pas trop insisté sur leurs divergences de vues concernant la portée du service public et la baisse de la redevance radio-tv. Ils ont surtout reconnu le besoin d’agir ensemble pour préserver les médias à un moment charnière de leur histoire, celui de la transition numérique.

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Sylvain Bolt

Sylvain Bolt

Journaliste Web pour Edito.ch/fr. Diplômé de l'Académie du journalisme et des médias de l'Université de Neuchâtel.

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